Prise en charge des céphalées chroniques en relation avec un abus médicamenteux et thérapie multimodale des céphalées

 

P. Sandor, G. Landmann, E. Taub, G. Merki  /  juillet 2015



Le sevrage de thérapeutiques antalgiques est un élément important et fait partie intégrante du traitement. Un sevrage peut être effectué ambulatoirement ou en milieu hospitalier, ceci est également valable pour les patients ayant des céphalées liées à un abus médicamenteux. Dans certaines situations complexes, une approche multimodale peut être utile et effectuée consécutivement. (programme céphalées/ réhabilitation)

1. Critères du sevrage ambulatoire
-Premier sevrage
-Abus de courte durée (<2ans)
-Absence de facteur de risque psychosocial ou de comorbidité psychiatrique
-Absence de sédatif ou d’opioïde dans l’abus

Une prise en charge multimodale peut ensuite en assurer la réussite.

2. Critères et mode du sevrage hospitalier (analgésiques, AINS, triptans)
-chez les patients qui ne répondent pas aux critères ci-dessus (point1.)
-la durée d’hospitalisation est d’environ 5 jours
-chez une majorité de ces patients, une hospitalisation en réhabilitation avec mise en place d’un programme multidisciplinaire est nécessaire

3. Exécution du sevrage d’analgésiques, AINS et triptans
-interruption immédiate et complète de tout traitement antalgique
-Prednisone 100 mg/j durant 5 jours (Pageler 2008, Page 2013)
-Introduction en parallèle d’un traitement préventif
-éviter de garder en réserve tout traitement de crise, mais si indispensable, choisir une classe médicamenteuse différente et ajouter un antiémétique.
-introduction ou poursuite d’un calendrier des céphalées

4. Exécution du sevrage de substances opiacées
-le sevrage des opioïdes se distingue de celui décrit au point 3 et n’est en général pas possible dans un service de neurologie. Il est plus judicieux lors du sevrage d’opiacés, d’envisager une prise en charge multidisciplinaire (spécialistes de la douleur, anesthésistes,, psychiatre/psychothérapeutes). L’usage de benzodiazépines (souvent également présent dans ces situations) devrait être aboli en parallèle. Après le sevrage, le patient peut être pris en charge en neurlogie.